Phobie spécifique

Phobie spécifique

DEFINITION

La phobie est caractérisée par une peur ou anxiété intense au sujet d’un objet ou d’une situation spécifique.

PERSONNES TOUCHÉES

Cette pathologie concerne environ 6 % de la population adulte.

La phobie se déclare majoritairement durant l’enfance, souvent avant les 10 ans. Toutefois, en fonction de l’objet de la peur, la phobie peut se développer plus tard.

6 adultes sur 100 0

COMPRENDRE LA MALADIE

Un patient atteint de phobie spécifique va ressentir une peur ou anxiété intense. Cette anxiété est liée à un objet ou une situation spécifique et elle est disproportionnée par rapport au réel danger. Pour être considéré comme phobique, le patient doit être atteint de peur ou d’anxiété à chaque fois qu’il est ou qu’il va rentrer en contact avec l’objet de sa peur.

Généralement, la peur s’accentue en même temps que l’objet ou la situation devient de plus en plus présent (par exemple la peur du chien s’intensifie au fur et à mesure que le chien se rapproche). Les réactions causées par la peur sont différentes d’un patient à l’autre, certain vont se figer, d’autres vont avoir des excès de colère ou encore des attaques dites « attaque panique ».

Quoiqu’il en soit, lorsqu’un patient en a la possibilité, il évitera de se confronter à la source de son angoisse, c’est ce que l’on appelle l’évitement. Par exemple, un patient ayant peur des ponts préféra faire un détour pour éviter d’avoir à passer dessus, même si ce détour rallonge significativement le temps de parcours ou plus généralement augmente le coût du parcours. L’essentiel étant d’éviter le pont, « à tout prix ».

Les objets de la peur peuvent être sans limite. Les plus courant sont la claustrophobie (peur d’être enfermé), l’astraphobie (peur de éclairs), l’acrophobie (peur de l’altitude), l’aérophobie (peur de voler), hémophobie (peur du sang), ématophobie (peur de vomir), arachnophobie (peur des araignées), mais elle peut être aussi beaucoup moins classique comme la phobie d’impulsion qui se caractérise par la peur de faire du mal à quelqu’un sans le vouloir et sans pouvoir se contrôler ou autre phobie très rependue et très handicapante, la phobie scolaire.

Ce qu’il faut comprendre à travers ces exemples, est que l’objet de la phobie peut être infini. Le point commun entre toutes ces peurs, est que l’anxiété générée par cet objet ou cette situation va provoquer chez le patient une envie de fuir ou d’éviter la situation quand c’est possible, alors même qu’il a conscience que sa réaction est disproportionnée face au danger, mais pour autant il n’arrive pas à contrôler sa peur.

SON IMPACT DANS LA VIE DU MALADE

Voici quelques témoignages de vie de personnes atteintes de phobie.

“Depuis que je suis jeune j’ai toujours eu peur des chiens mais la peur s’est accentuée avec l’âge, au point de faire des détours lorsque je vais faire mes courses parce que je suis incapable de passer devant le salon de toilettage“

“J’ai mis du temps à comprendre ce que j’avais, mais je souffre de phobie d’impulsion. Pendant longtemps ça m’a gâché la vie, j’étais incapable de rester seul avec mes enfants, par peur d’avoir envie ou d’être pris d’une impulsion où j’aurais pu leur faire du mal. Cette peur était irraisonnée car jamais je n’aurais voulu leur faire de mal.“

“Pendant longtemps j’ai eu une phobie des souris avant de rentrer dans une pièce je vais passer la tête par la porte pour être sûr qu’il n’y en avait pas une. “

“J’ai tellement peur de tomber malade que dès que j’ai une ressent une sensation comme des picotement dans les jambes après être resté trop longtemps assis, je passe des heures à lire des articles sur Internet pour être sûre que ce n’est pas une maladie grave et plus je lis plus je m’inquiète. C’est un cercle sans fin.“

“j’avais tellement peur de vomir que ça a gâché une partie de mon adolescence, je ne pouvais pas sortir faire la fête avec mes amis parce que je me disais qu’ils allaient consommer de l’alcool et qu’ils allaient finir par vomir. L’idée de savoir que je pouvais être confronté à cette situation était pour moi une source d’angoisse et je préférais rester chez moi. “

LES CAUSES

Le facteur éducatif

Une surprotection parentale, la perte, voire une séparation ou d’autres facteurs comme la violence pendant l’enfance favorise l’apparition de troubles phobique.

Le facteur psychologique

L’évitement excessif des dangers, les personnes atteintes de névroses ou la faible estime de soi sont beaucoup plus sujets à développer des phobies.

Un facteur environnementaux

Des événements traumatisants en lien avec un objet peuvent déclencher plus tard une phobie spécifique de cet objet.

DIAGNOSTIC ET ÉVALUATION

CRITÈRES DIAGNOSTIQUES SELON LE DSM-51

Écrit par l’Association américaine de psychiatrie (APA) depuis plus de 60 ans, le Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders (DSM), est l’ouvrage de référence pour les maladies mentales. Voici comment reconnaître le trouble dépressif :

Attention, ces critères ne sont qu’un guide, seul un psychologue ou un psychiatre pourra poser un diagnostic

  • Peur ou anxiété intense à propos d’un objet ou d’une situation spécifique (ex : peur de l’avion, des hauteurs, des animaux…)

NB : chez les enfants, la peur ou l’anxiété peut s’exprimer par des pleurs, des accès de colère, des réactions de figement ou d’agrippement.

  •  L’objet ou la situation phobogène provoque presque toujours une peur ou une anxiété immédiate.
  • L’objet ou la situation phobogène est activement évitée ou vécu avec une peur ou une anxiété intense.
  • La peur ou l’anxiété est disproportionné par rapport aux dangers réels engendrés par l’objet ou la situation spécifique et par rapport au contexte socioculturel.

 

  • La peur, l’anxiété ou l’évitement sont persistant, habituellement d’une durée de six mois ou plus.

 

  • La peur, l’anxiété ou l’évitement cause une souffrance cliniquement significative ou une altération du fonctionnement social, professionnel ou dans d’autres domaines importants.
  • Le trouble n’est pas mieux expliqué par les symptômes d’un autre trouble mental, comprenant la peur, l’anxiété et l’évitement des situations associées.

ÉVALUER SA PATHOLOGIE

Il existe de nombreux tests pour évaluer son anxiété mais voici ceux les plus couramment utilisé pour la phobie :

– Echelle comportementale d’anxiété et phobie de Véra (ECAP)

L’échelle comportemental d’anxiété et phobie de Vera est une échelle utilisée auprès des enfants de 8 à 18 ans. Le questionnaire comprend deux parties la première partie concerne les peurs, la seconde concerne les évitements.

Le questionnaire des peurs de Marks et Mathews

Le questionnaire des peurs a pour objectif d’évaluer l’anxiété et la dépression associées aux phobies. C’est un des instruments les plus utilisés pour évaluer l’efficacité du traitement des sujets agoraphobes et phobiques sociaux

– Le SCARED-R-51

Le SCARED-R-51 regroupe 51 items, autour des peurs qu’il est possible d’avoir. Les phobies mises en avant sont principalement : phobie scolaire, phobie des animaux, phobie de type situationnelles ou phobie des soins médicaux

TRAITEMENT ET THÉRAPIE

La thérapie la plus efficace pour soigner la phobie est la thérapie comportementale et cognitive qui consiste à s’exposer graduellement à ses angoisses (cliquez ici pour plus d’informations sur la thérapie)

Le médecin peut prescrire un traitement médicamenteux agissant sur la recapture de la sérotonine ce qui peut diminuer chimiquement l’anxiété et ainsi aider le patient à s’exposer pendant sa thérapie.

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